Le curseur SaaS / Hybride 70-30 / Custom pur. L architecte 14 mai 2026.

L’intelligence d’affaires organisationnelle : ni SaaS, ni custom pur

Depuis l’automne 2025, j’avais une réflexion en tête.

Comment intégrer ce que la majorité des organisations ont déjà, la plateforme Microsoft, mais bien utilisée. Comment y greffer la capacité et l’intérêt grandissant de l’IA pour optimiser les architectures et les organisations. Comment faire travailler ensemble ces outils existants et une application commune d’intelligence d’affaires organisationnelle.

L’objectif : optimiser le coût de développement, la mensualité, l’efficacité, le service aux clients. Et accumuler une intelligence d’affaires utile pour les décisions futures.

J’ai trouvé la solution. Je développe quelque chose en ce sens. Un article récent sur Limova (publié en mai 2026), une startup niçoise qui vit la même tension, vient confirmer que StemJee est dans la bonne direction.

C’est de ça que je veux parler aujourd’hui.

Si on en discute pour votre organisation : cédulez 30 minutes avec moi.


Le signal Limova

Limova, une startup niçoise fondée en 2024, est passée de 150 000 € à 3 M€ de chiffre d’affaires entre 2025 et 2026. 5 M€ levés. 45 employés. 5 000 clients dans 35 pays.

Son positionnement : des agents IA qui exécutent. Répondre au téléphone. Gérer les emails. Programmer les publications sociales. Automatiser les processus récurrents.

La citation du fondateur Yoan Drahy résume tout : « Claude sait écrire. Mais il ne sait pas se connecter à Meta. Nous, on ne vend pas une IA qui parle. On vend une IA qui fait. »

Le marché vient de valider une thèse. La phase « IA qui promet » s’achève. La phase « IA qui exécute » commence.

Mais derrière ce signal positif se cache une question stratégique pour chaque dirigeant. Si Limova a 5 000 clients qui partagent la même plateforme générique, qu’est-ce qui rend chacune de ces 5 000 organisations différente ? Et plus important : comment garder cette différence dans un SaaS partagé ?


L’approche Limova a raison sur le fond

Le marché en a marre des chatbots qui parlent. Une IA qui exécute concrètement, c’est ce que les dirigeants attendent depuis l’arrivée massive des chatbots IA en 2023.

Mais le générique a ses limites.

Une organisation qui réussit, c’est rarement une organisation qui fait exactement comme les autres. C’est une organisation qui a une logique d’opération propre, un vocabulaire interne, une façon de servir ses clients ou ses membres qui la différencie. Un SaaS partagé par 5 000 organisations ne peut pas refléter ces nuances.

D’un autre côté, un développement entièrement custom coûte trop cher pour la majorité des organisations. Trop long. Trop risqué. Et il laisse l’organisation isolée, sans intelligence comparative avec ses pairs.

Le bon choix n’est ni SaaS pur, ni custom pur.


Le modèle hybride : 70 % commun + 30 % propre

Le bon modèle pour la majorité des organisations se situe entre les deux.

70 % de base commune mutualisée. La couche partagée avec vos pairs, c’est-à-dire des organisations de même type, mêmes opérations, même mission. Application centrale, agents standards, workflows typiques, intégrations Microsoft 365 et Azure. C’est ce qui se développe une fois et se réutilise.

Économie d’échelle réelle. Plus rapide à livrer qu’un développement custom isolé. Et la mensualité reste raisonnable parce que les coûts d’infrastructure se partagent entre plusieurs organisations.

30 % de couche propre à votre organisation. Votre interface, votre vocabulaire, vos processus uniques, ce qui vous différencie dans votre marché. Ce qui ne pourrait pas tenir dans un SaaS standard sans compromis.

Cette couche évolue avec vos besoins, pas avec la prochaine release du vendeur. Vous ne payez plus pour des fonctionnalités que vous n’utilisez pas. Et vous gardez le contrôle de ce qui vous rend différent.

C’est ce que j’appelle l’intelligence d’affaires organisationnelle.


Pourquoi ce nom-là

L’intelligence d’affaires organisationnelle, c’est ce qui émerge de l’architecture hybride. Une intelligence d’affaires qui n’est ni générique ni isolée. Qui agrège ce qui est partagé entre vos pairs ET ce qui vous appartient en propre.

L’organisation devient intelligente parce qu’elle voit clair sur les deux niveaux. Le commun qui valide les bonnes pratiques entre pairs. Le propre qui révèle ce qui fonctionne uniquement chez vous.

Et quand plusieurs organisations partagent la même base commune, un troisième niveau apparaît : la comparaison anonymisée entre pairs. Pas pour copier l’autre. Pour apprendre ce qui fonctionne mieux ailleurs et l’adapter chez soi.

C’est exactement ce qu’un SaaS générique ne peut pas faire (il nivelle les 5 000 clients sans révéler les différences) et ce qu’un custom isolé ne peut pas faire non plus (il ne se compare à personne).

“

« L’intelligence d’affaires organisationnelle. » — Steve Johnston


Un cas concret : 3 regroupements provinciaux × 17 régions

J’accompagne trois regroupements provinciaux au Québec. Chacun avec sa mission propre, ses membres, sa façon d’opérer. Et chacun déployé dans les 17 régions administratives du Québec.

Le contexte avant. Chacun de leur côté, ils considéraient deux options. Soit un SaaS générique qui les nivelle, ne reflète pas leur logique d’opération unique, et leur enlève leur différenciation. Soit un développement custom isolé, trop cher pour leur taille, et qui les laisserait sans intelligence comparative avec leurs pairs.

Ce qu’on bâtit ensemble. Une architecture hybride à trois niveaux.

D’abord, une couche commune mutualisée d’environ 70 %. L’application centrale, les agents IA standards, les workflows partagés, les intégrations avec Microsoft 365 et Azure. Développée une fois, payée à trois, utilisée par les trois organisations provinciales.

Ensuite, une couche propre à chaque organisation d’environ 30 %. Interface adaptée, vocabulaire interne, processus particuliers, mission distincte. Ce qui fait que chaque regroupement reste lui-même.

Enfin, une couche de comparaison inter-organisations qui agrège anonymement les données des trois. Et comme chacune opère dans les 17 régions du Québec, la lecture devient particulièrement riche : on peut comparer les pratiques entre organisations, mais aussi observer les dynamiques régionales à travers trois lectures différentes du même territoire.

Ce qui change maintenant. Les trois regroupements montent ensemble une infrastructure qu’aucun n’aurait pu se payer seul. Économie d’échelle réelle. Chacun garde son ADN organisationnel. Et bonus : une intelligence comparative impossible à obtenir autrement.

Quelle organisation performe mieux sur quel type de dossier ? Quelle région réagit comment selon le regroupement qui l’opère ? Quelles pratiques de l’une pourraient profiter aux deux autres ? Les données répondent.

C’est l’intelligence d’affaires organisationnelle dans toute sa puissance.


Ce que ça veut dire pour vous

Vous n’êtes peut-être pas un regroupement provincial. Vous êtes peut-être une PME industrielle, un OBNL, un cabinet professionnel, un commerce de détail. Le principe reste le même.

Vous avez probablement déjà Microsoft 365. Vous avez vos outils existants. Vous avez l’IA disponible. Ce qui vous manque, c’est de savoir où placer votre curseur entre SaaS et custom.

Pour la majorité des organisations, le bon point se situe dans l’hybride. 70 % de commun mutualisé avec vos pairs. 30 % propre à votre organisation. Plus rapide à livrer qu’un dev custom isolé. Moins cher en mensualité qu’un SaaS qui vous facture chaque fonctionnalité. Évolutif avec vos besoins, pas figé dans la roadmap d’un vendeur.

Et la base commune devient un atout d’intelligence comparative quand plusieurs organisations se l’approprient. C’est ce qui transforme une simple architecture en intelligence d’affaires organisationnelle.


Ce qu’on retient

Le bon choix n’est pas SaaS ou custom. C’est : où placer mon curseur entre les deux ?

Pour la majorité des organisations, le curseur se situe autour de 70/30.

70 % de commun mutualisé avec vos pairs. Application centrale, agents standards, workflows partagés, intégrations Microsoft 365 et Azure.

30 % propre à votre organisation. Ce qui vous différencie, codé pour vous, évolutif avec vos besoins.

Et la possibilité, quand plusieurs organisations se l’approprient, d’une intelligence comparative anonymisée qu’aucun SaaS ni custom isolé ne peut offrir.

Si vous voulez situer votre curseur pour votre organisation, voici mon lien Calendly pour cédulez 30 minutes avec moi.


Cet article est tiré de l’édition du 14 mai 2026 de L’Architecte, l’infolettre hebdomadaire de Steve Johnston sur la transformation numérique des organisations.

Pour recevoir l’analyse hebdomadaire sur l’IA et la transformation numérique, inscrivez-vous à L’Architecte.

Partagez cet article