Une étudiante écrit à la main à son pupitre; derrière elle, sur un mur rouge, son ombre est celle d'un robot. L'Architecte, 8 octobre 2026, Steve Johnston. Image générée par IA.

Ma fille avait besoin d’une excellente note à son examen de français, à l’université, pour être admise au MBA. Elle s’est préparée avec une tutrice, et elle a beaucoup questionné Gemini pour peaufiner ce qu’elle apprenait.

Le jour de l’examen, c’était seulement un texte de 140 mots. Elle n’avait pas son téléphone, elle était en classe avec les autres, et elle découvrait la question sur place. Avec ce qu’elle avait appris et sa bonne mémoire, elle a écrit un bon texte.

Le professeur l’a interprété comme de l’IA. Pour ne pas retarder son diplôme et son entrée au MBA, elle a dû plaider coupable.

Elle a utilisé l’IA, c’est vrai : avant l’examen, pour apprendre. Alors, d’après toi, a-t-elle triché ?

Un roman retiré de la sélection du Goncourt

Fin septembre, une autre accusation d’IA est devenue publique, à une tout autre échelle.

Le roman C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, publié au Québec chez Boréal et en France chez Grasset, venait de remporter le prix du Roman Fnac et était en lice pour le Goncourt. Le jour du prix, un compte anonyme sur X a soumis des extraits à un détecteur d’IA, Pangram, qui les a classés comme écrits par une IA [1].

Orélien nie : « Je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. » Boréal affirme que le premier jet date de plusieurs années [1].

Le 25 septembre, l’Académie Goncourt a retiré le livre de sa sélection, en invoquant à la fois des plagiats attribués à l’auteur dans d’anciens textes et des analyses concluant à un usage massif de l’IA [2]. La promotion du livre est suspendue, et l’auteur est rentré au Québec [3].

La question qu’on doit se poser : qui a raison ?

Quand tout se ressemble

Dans les deux histoires, le soupçon est parti du texte : chez ma fille, un professeur l’a lu et l’a pris pour de l’IA; chez Orélien, un logiciel l’a classé comme tel.

Ma lecture, c’est que mal gérée, l’IA peut finir, avec le temps, par n’avoir aucune créativité, et que tout se met à se ressembler.

Quand tout se ressemble, un texte propre et bien construit est perçu comme créé par l’IA. Pour la personne qui l’a écrit, c’est parfois un peu insultant, et c’est à elle de prouver qu’elle a fait le travail.

La ligne, pour moi, passe entre apprendre avec l’IA et faire faire par l’IA.

Ce qu’on retient

Cette semaine, quand tu essaies l’IA, pose-toi une question : est-ce que ce que tu produis te distingue, ou est-ce que ça ressemble à ce que font les autres ?

Un exemple : on reconnaît aujourd’hui les sites web faits avec Claude, quand personne n’y a mis sa différence. Ça porte un nom en anglais : l’AI slop, la bouillie d’IA.

Ma fille en a tiré sa leçon : en 140 mots, la marge était mince, et elle aurait dû y laisser un peu plus d’humain.

Si ta réponse est « pareil », c’est normal, et ça se règle : remets-y ce qui n’appartient qu’à toi, tes cas et tes mots.

Sources

  1. Radio-Canada, « Thélyson Orélien nie avoir utilisé l’IA pour écrire son roman C’était ça ou mourir », 22 septembre 2026 : l’article de Radio-Canada.
  2. Radio-Canada, « L’Académie Goncourt retire, sans unanimité, le roman de Thélyson Orélien de sa sélection », 25 septembre 2026 : l’article de Radio-Canada.
  3. France 24 (AFP), « « Devastated » AI scandal author Orelien returns to Quebec », 30 septembre 2026 : l’article de France 24.
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