Vitrine d'une PME avec une affiche rouge « On embauche » et, derrière la vitre, deux boîtes de départ sur le comptoir. L'Architecte, 17 septembre 2026, Steve Johnston.

Couper, attendre ou former : le troisième choix face à l’IA

C’est fou ce qui se passe en ce moment. OpenAI, avec ChatGPT, était en arrière d’Anthropic et Claude. Et là, avec sa version Astra, ils sont devant. C’est une course de fou.

L’intelligence artificielle nous bouscule pas mal. Elle nous force à nous poser plein de questions, à prendre des décisions, à faire des changements. Bref, c’est un choc pour la plupart des dirigeants et des dirigeantes en ce moment.

Par contre, dans ces situations-là, il faut rester calme. Ne pas paniquer, et ne pas décider trop vite. Mais on doit quand même décider.

Et quand ça touche les employés, c’est sensible. Faire les bons choix devient hyper important.

Ce que Gartner prévoit

Le 9 septembre, Gartner a publié une prédiction qui a fait jaser. D’ici 2029, 30 % des employés mis à pied pour être remplacés par l’IA devront être réembauchés. Et souvent, à un coût nettement plus élevé.

Pourquoi ? Parce que la coupe rapporte vite, mais elle emporte deux choses qu’on ne voit pas dans un budget : la relève, et la mémoire de l’organisation, tout ce que les gens savent sans que ce soit écrit nulle part. Et comme la main-d’œuvre stagne un peu partout, réembaucher coûte plus cher en recrutement, en formation et en intégration.

L’analyste de Gartner, Tori Paulman, le résume bien : se servir de l’IA d’abord pour couper les coûts, c’est risquer de couper trop profond, et trop tôt. Tori Paulman ajoute : en repensant aux débuts de l’IA, les dirigeants se rendront compte que leur plus grande erreur aura été de croire que le but, c’était d’automatiser le travail, alors que l’occasion, c’était d’amplifier ce que les gens peuvent faire.

Le même communiqué montre l’autre voie. D’ici 2027, les organisations qui réinvestissent les gains de l’IA dans l’innovation, la modernisation et la formation vont prendre le dessus sur 75 % de celles qui les encaissent comme de simples économies. Gartner propose de se servir de l’IA pour redessiner les rôles, et déplacer les gens du travail moins productif vers de nouvelles occasions. Le communiqué appelle ça un « talent remix ».

L’autre piège : ne rien faire

Couper trop vite, c’est un premier piège.

J’ai la chance de discuter souvent avec des gens qui veulent savoir par où commencer. On parle de plan d’optimisation numérique, de cadrage IA, bien évidemment. Et ces rencontres-là ouvrent la porte aux autres défis de l’organisation, liés à l’IA ou pas.

C’est là que ça sort. Des dirigeants et des dirigeantes qui n’osent pas engager. Ils ont des postes, ils ont des rôles à combler, et ils sont craintifs face à ce qui s’en vient. Ils ne connaissent pas l’IA, et ils se demandent : est-ce que j’engage quelqu’un qui va faire trop d’IA ? Un genre de cowboy, qui va prendre trop de risques et ne suivra pas la gouvernance ? Ou bien je ne fais rien ?

Et je remarque que le statu quo, ne rien faire, semble être le premier choix. Et je comprends. Et on le sait très bien : ne pas prendre de décision, c’est une décision.

En fait, commencer par se former soi-même à l’IA, c’est une excellente étape pour mieux la comprendre. Parce que l’ignorance crée la peur. Quand on est connaissant, on a moins peur, et on prend de meilleures décisions.

Tes gens, tu les as choisis

Mon angle, c’est que plutôt que de défaire ce qu’on a bâti dans notre organisation, on devrait ajuster notre approche. Et pour faire cet ajustement-là, l’intelligence artificielle elle-même peut être utile. Il faut bien s’informer, mais ça revient à redéfinir les postes et les rôles, et à investir en formation.

Parce qu’en ce moment, on en est aux premiers balbutiements. Peux-tu vraiment trouver des gens qui sont vraiment, vraiment bons avec l’IA ? Pas nécessairement.

Tes gens, tu les connais. Tu les as choisis. Tu connais leurs forces, leurs faiblesses, ils sont adaptés à ta culture et ils te servent bien. Tout ce qui leur manque, ce sont des connaissances et des bonnes pratiques. Alors investis en eux, pour qu’ils apprennent l’IA et augmentent leur productivité, pour le bien de l’organisation.

La balle est dans ton camp.

Par où commencer cette semaine

Prends une heure minimum cette semaine pour te former sur l’IA. Regarde les nouvelles. L’IA est là pour rester, qu’on le veuille ou non. Et selon mon principe, l’intelligence, c’est l’adaptation à son environnement. Alors adaptons-nous.

Une fois que tu es plus à l’aise, choisis-toi un ou deux champions ou championnes, commence avec eux, et échangez ensemble sur l’IA de façon régulière. À deux ou trois, en découvrant les choses ensemble, vous allez apprendre rapidement. Et ça va t’aider à mieux recadrer les postes dans ton organisation.

Et toi, as-tu un poste qui attend en ce moment, parce que l’IA change ce que tu cherches ?


Source : Gartner, « Gartner Identifies 4 Shifts Shaping the Future of Work », communiqué du 9 septembre 2026.

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